Mauvaise nouvelle pour les emprunteurs, la hausse des taux d’intérêts du crédit immobilier s’annonce durable. Pour acquérir son logement, il faut désormais faire des concessions sur la durée de remboursement et la surface du bien. L’assurance de prêt devient aussi un vrai sujet.
Une hausse inexorable des taux d’intérêts
Les taux du crédit immobilier ont encore augmenté en mai et continueront progressivement leur hausse ces prochains mois, « dans des limites acceptables », c’est du moins ce que le gouverneur de la Banque de France a annoncé le 11 mai sur le plateau de l’émission C’est à vous. Désormais, le taux moyen ce mois-ci s’affiche à 1,27 % selon l’Observatoire Crédit Logement CSA. Attention, ce taux moyen ne tient pas compte des frais annexes (frais de dossier, garantie…) ni de l’assurance de prêt. Le taux tout compris auquel emprunte un futur acquéreur s’exprime par le TAEG (Taux effectif global).
Deux raisons à cette hausse. La première tient au fait que les taux d’intérêt des emprunts de l’état français sont passés à 1,5 % début mai. Les banques qui empruntent à ce taux ne peuvent donc raisonnablement pas prêter d’argent au même taux. L’inflation est la deuxième raison. Les taux d’intérêt atteignent en moyenne 1,37 % sur 15 ans, 1,47 % sur 20 ans et 1,63 % sur 25 ans.
Des solutions pour limiter les refus de prêts immobiliers
Conséquences de la hausse des taux d’intérêt, le nombre de dossiers refusés augmentent parallèlement (+24,5 % par rapport à mars-avril 2022) et les durées d’emprunt les plus longues ( 20 et 25 ans) deviennent la norme.
Pour baisser le montant de la mensualité et donc le taux d’endettement de l’emprunteur, il est toujours possible de jouer sur le taux de l’assurance de prêt. C’est en effet un poste de dépense important puisqu’il représente 30 à 40 % du coût total du crédit. Depuis la loi Lagarde, l’emprunteur a le droit de mettre en concurrence l’assurance de groupe proposée par la banque. Il a donc tout intérêt à comparer les prix auprès de plusieurs assureurs. Un contrat individuel est en effet souvent bien plus intéressant financièrement dans la mesure où les garanties sont davantage personnalisées. Pour rappel, le taux d’endettement ne doit pas dépasser 35 %, assurance de prêt comprise.
Des prix de l’immobilier toujours en progression
Face à la progression des taux, le marché de l’immobilier se maintient à des niveaux record. La diminution des capacités d’emprunt se traduit donc par une perte de surface immobilière. Depuis 2017, les Français, notamment les classes moyennes, ont ainsi perdu en moyenne 6 m².
Voici le palmarès des villes où la diminution de la surface habitable est la plus spectaculaire d’après Meilleurs Agents :
Ville | Perte en m² | Augmentation du prix du m2 |
Bordeaux | – 3 | + 24,6 % |
Marseille | – 5 | + 27,7 % |
Lille | – 6 | + 35,9 % |
Toulouse | – 8 | + 38,8 % |
Lyon | – 8 | + 44,3 % |
Strasbourg | – 9 | + 42,9 % |
Nantes | – 9 | + 43,6 % |
Rennes | – 14 | + 62,3 % |

Publié le 23 mai 2022 par Sébastien – Dernière modification le 13 septembre 2024
Benoit Bernanque est rédacteur spécialisé Finance pour de nombreux sites internet depuis le début des années 2000